Mike Coppens: « Les résultats sont une conséquence et pas un but ! »

Mike Coppens: « Les résultats sont une conséquence et pas un but ! »

En terminant 2ème du Rallye International du Valais 2019 au terme d’un magnifique duel avec Olivier Burri, Mike Coppens concrétisait enfin son potentiel. Alors que la pause hivernale bat son plein, en coulisse, à trois mois du début de saison, les projets fourmillent dans les rangs. Candidat potentiel à un titre de Champion Suisse des Rallyes dans l’avenir par son talent et sa pointe de vitesse, Mike Coppens se livre sur son approche de la course, son dernier résultat sur les routes valaisannes et ses projets pour la saison à venir.

Photo project-diffusion.ch

Mike Coppens près de trois mois se sont écoulés depuis votre performance sur les routes du Rallye International du Valais 2019 que vous avez terminé au 2ème rang. Toujours sur un petit nuage ?

Trois mois ça passe vite mais c’est long aussi sans toucher une voiture de course, donc je savoure encore le résultat et également les nombreuses personnes qui me félicitent encore maintenant. En même temps j’ai le blues (et je pense ne pas être le seul) des après rallyes et de se dire que c’est peut-être fini, qu’il n’y en aura pas d’autres rallyes avant des mois ou plus ! J’ai aussi dans ma tête les petits événements lors de ce rallye qui auraient peut-être pu tourner en notre faveurs et qui suscitent quelques minis regrets. Au final, aujourd’hui se mélangent de grande satisfaction, de minis regrets et le blues d’après rallye.

Avec le recul, comment expliquez-vous qu’un tel résultat s’est fait attendre si longtemps alors que votre potentiel est avéré ?

C’est gentil de penser que mon potentiel est avéré mais je me suis aperçu, grâce à Renaud (Jamoul) que le rallye est bien plus complexe que je l’imaginais. C’est un tout entre les notes, l’état d’esprit, l’entourage, l’aspect financier, les réglages, je ne vais pas faire toute la liste, les paramètres sont nombreux. Avant, pour moi, le rallye c’était une voiture et basta on roule. Lorsque j’ai essayé une R5 je me suis dit : c’est une voiture comme une autre sauf qu’elle est 4×4. Je n’ai pas trop cherché plus loin avant de comprendre que chaque voiture n’est pas pareille. Il faut comprendre pleins de nouvelles choses et, surtout, trouver les personnes qui peuvent vous expliquer toutes ces choses. Note, attitude, réglages, pensées avant la course, pendant et après. Je suis quelqu’un de très spontané en sport généralement. Je regarde, j’analyse, j’essaie de faire de même et je pensais peut-être trop que cette façon de procéder irait aussi en rallye. Mais ça ne suffit pas dans une R5 ! Dès lors je me suis posé les bonnes questions, mon équipe et Renaud m’ont apporté les réponses. Je me suis rendu compte que je devais, dois et peux apprendre encore beaucoup. Tout ça à pris du temps à se mettre en place avant de se concrétiser.

Parlons d’avenir, avec cinq manches au Championnat Suisse des Rallyes 2020, Auto Sport Suisse apporte un bout de réponse à la difficile problématique des budgets dans notre sport. Qu’en pensez-vous ?

Deux rallyes de 120 km coûtent le même prix qu’un Mont-Blanc donc la différence de budget nécessaire ne sera pas énorme. Je pense que ce nouveau format est plutôt dans l’intérêt du championnat, que ce sera peut-être plus intéressant car tous les résultats comptent donc, en gros, il n’y a plus de joker. Je trouve le programme aussi plus logique que d’aller en mars à l’étranger alors qu’on n’a pas encore roulé. Ce nouveau calendrier me laisse penser également que le rallye du Chablais sera plus garni car beaucoup d’équipages ne venaient pas à cause de casses dans les deux premiers rallyes et, donc, d’un budget atteint ou simplement car ils n’avaient plus de chance de jouer un championnat. Ce nouveau format est, à mon avis, une bonne idée, on fera le bilan en fin de saison.

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Vous faites partie des pilotes papables pour coiffer un jour le titre de Champion Suisse des Rallyes, tenterez-vous votre chance cette saison ?

Il y a de très fortes chances que l’on fasse la saison complète. Enfin, je pourrai dire que tous les feux sont au vert pour avoir un vrai programme, incluant des tests et une vraie préparation car s’asseoir dans une R5 le jour de la course et mettre du gaz ce n’est pas facile. Concernant les objectifs, j’espère continuer à évoluer, si tel devait être le cas les résultats suivront mais je ne change pas de philosophie. J’enseigne la même à mes jeunes skieurs, je me dois de la respecter et faire les choses dans l’ordre, les résultats sont une conséquence et pas un but !

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La VW Polo semble désormais la voiture de référence dans la catégorie R5 mais la Skoda reste performante et la Citroën C3 est montée en puissance. Quelle est selon vous la monture à étrenner en 2020 ?

La Polo semble marcher très fort mais je suis quelqu’un de fidèle je ne demande jamais d’offre dans une autre équipe pour comparer si c’est plus cher ou moins et s’il m’offre plus d’avantages ! Si je me sens bien dans une équipe, une famille, j’y reste. Metior a toujours été là pour moi donc je serais avec eux et la Skoda. Je ne pense pas rouler avec la Skoda Evo car il n’y a pas assez d’infos pour le moment concernant les réglages donc on partira avec la choupette du Valais cette saison !

Swissrally.ch le 15.01.2020